J'ouvre enfin les yeux. Tout est flou dans mon esprit. Je me souviens juste de cette terrible brûlure que j'avais ressenti. Tout tourne en moi. Je me sens nauséeuse. Un flot de chagrin me saisit de nouveau. Je me rallonge puis ferme mes yeux.
J'avais une vie tellement parfaite. Je venais de décrocher mon premier rôle au cinéma. J'avais des parents formidables, un petit frère angélique et un amour de petite s½ur. Je me sens déjà si loin d'eux. Une part de moi est restée là-bas, mais physiquement à quelle distance suis-je réellement ? Je me sens si seule et désemparée.
Le temps passe. Je ne sais combien de temps s'est écoulé. Des minutes, des heures...
Je ne ressens pas le besoin de m'alimenter. Je désire mourir.
Je réalise, tout à coup, que je me trouve dans une chambre. Je suis allongée dans un lit à baldaquin en bois brut, sur lequel repose un voile couleur sable. Les murs qui m'entourent sont sombres et m'oppressent. La pièce me semble plutôt spacieuse.
Soudain, une jeune femme, à peine plus âgée que moi, ouvrit la porte et s'approche de moi.
« Tu es enfin réveillée ! J'ai cru que tu ne sortirais jamais de tes cauchemars ! » me dit-elle, avant de crier :
« Maman, la Belle au Bois Dormant est enfin debout ! »
Je les entends parler dans le couloir. Ma tête est lourde et je ne comprends pas ce qu'il se passe :
« Où suis-je ? »
Une voie me murmure à l'oreille : « Tu es en sécurité ma chérie. »
Un hoquet de tristesse m'envahit, et je fonds en larme.
Puis le noir.